- La mise en sommeil : cette option gèle l’activité tout en conservant l’identité juridique et le numéro SIRET de la structure.
- L’avantage financier : cette solution est moins coûteuse qu’une liquidation et permet une reprise d’activité simplifiée en quelques jours.
- Le cadre temporel : la cessation temporaire ne peut excéder deux ans sous peine d’une radiation d’office par les autorités.
Marc gère sa SASU avec passion depuis trois ans, mais il ressent aujourd’hui le besoin de faire une pause pour se consacrer à un projet personnel qui lui tient à cœur. Face à ce tournant, une question s’impose : faut-il fermer définitivement la société ou simplement suspendre son activité ? La mise en sommeil apparaît comme la solution idéale pour ce dirigeant. Cette procédure juridique permet de geler l’activité commerciale tout en maintenant l’existence légale de l’entreprise. C’est une parenthèse administrative qui offre une grande souplesse, évitant la violence d’une liquidation judiciaire ou amiable. En optant pour cette voie, Marc conserve son numéro SIRET et l’antériorité de sa structure, ce qui s’avère précieux s’il décide de reprendre ses affaires dans quelques mois.
La définition et les enjeux stratégiques de la mise en sommeil
La mise en sommeil est une cessation temporaire d’activité décidée volontairement par le dirigeant. Pour une SASU, où le président est souvent l’associé unique, la décision est simplifiée. Contrairement à une entreprise en difficulté qui ferait l’objet d’un dépôt de bilan, la mise en sommeil ne peut être activée que si la société est saine financièrement. Elle ne doit pas servir à masquer un état de cessation de paiements. L’enjeu est de placer la structure dans un état de vie ralentie. La personnalité morale subsiste, ce qui signifie que la société continue d’exister en tant qu’entité juridique, possède toujours son propre patrimoine et reste inscrite au Registre National des Entreprises. Pour Marc, c’est l’assurance que son nom commercial et sa marque restent protégés contre toute usurpation par la concurrence pendant son absence.
Une alternative économique à la dissolution définitive
Le choix de la mise en sommeil est avant tout un calcul stratégique et financier. Une dissolution suivie d’une liquidation est une procédure lourde, longue et coûteuse. Elle implique la nomination d’un liquidateur, la réalisation des actifs, le paiement de tous les créanciers et des frais d’enregistrement élevés, dépassant souvent les mille ou deux mille euros. À l’inverse, mettre sa SASU en sommeil coûte moins de deux cents euros en frais de greffe. C’est une solution réversible. Si Marc découvre que son nouveau projet ne lui convient pas, il peut réactiver sa SASU en quelques jours. S’il avait liquidé sa structure, il aurait dû repayer l’intégralité des frais de création, incluant la rédaction des statuts, les annonces légales et les frais d’immatriculation initiaux. La mise en sommeil agit donc comme une soupape de sécurité pour l’entrepreneur moderne.
| Indicateurs de gestion | Mise en sommeil de la SASU | Dissolution et liquidation | Impact pour le dirigeant |
| Identité juridique | Maintenue (SIRET conservé) | Supprimée (Radiation) | Continuité du parcours |
| Coût de la formalité | Environ 190 euros | Plus de 1500 euros | Économie immédiate |
| Complexité fiscale | Déclarations simplifiées | Bilan de clôture final | Allègement administratif |
| Délai de reprise | Immédiat par simple acte | Impossible (Nouveau SIRET) | Agilité commerciale |
Le parcours administratif détaillé auprès du guichet unique
Depuis la réforme des formalités d’entreprises, toutes les démarches s’effectuent via le Guichet Unique géré par l’INPI. Marc doit d’abord formaliser sa décision par un procès-verbal de l’associé unique. Ce document écrit atteste de la volonté de suspendre l’activité à une date précise. Une fois ce document signé, Marc se connecte à la plateforme en ligne. Il doit remplir un formulaire de modification de situation. Le système demande de préciser si la cessation concerne la totalité de l’activité ou seulement un établissement secondaire. Dans le cas de Marc, il s’agit d’une mise en sommeil totale. Le dossier doit inclure le procès-verbal numérisé. Après validation par le greffier du tribunal de commerce, une insertion automatique est faite au Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales (BODACC). Cette publicité légale prévient les tiers, notamment les fournisseurs et les banques, que la société n’exerce plus d’activité courante.
Les obligations sociales et fiscales durant la période d’inactivité
Il est crucial de comprendre que le sommeil n’est pas une absence totale de devoirs. Sur le plan fiscal, la SASU doit continuer de produire une liasse fiscale chaque année. Si aucun mouvement n’a eu lieu, Marc indiquera simplement un résultat nul sur ses formulaires. Concernant la TVA, il n’y a plus de déclarations mensuelles ou trimestrielles à fournir si la société a opté pour le régime de la franchise en base ou si elle précise l’absence d’opérations taxables. En revanche, la Cotisation Foncière des Entreprises reste due pour la première année de mise en sommeil. Au bout de douze mois, si aucun local n’est utilisé pour une activité, une exonération peut être demandée. Sur le plan social, si Marc est président non rémunéré, il ne paie pas de cotisations sociales minimales, contrairement aux travailleurs indépendants. C’est un avantage majeur de la SASU par rapport à l’EURL durant cette phase de transition.
La gestion des contrats en cours et du bail commercial
Un aspect souvent négligé par les entrepreneurs est le sort des contrats récurrents. La mise en sommeil n’annule pas automatiquement les engagements contractuels. Marc doit passer en revue ses abonnements téléphoniques, ses contrats d’assurance professionnelle et ses logiciels par abonnement. Il est conseillé de les résilier ou de les suspendre pour éviter que la trésorerie de la SASU ne s’épuise inutilement. Le point le plus délicat concerne le bail commercial. Si la SASU dispose de bureaux physiques, le loyer reste dû. Le bailleur ne peut pas résilier le bail au seul motif de la mise en sommeil, sauf si une clause du contrat impose une exploitation continue des lieux. Marc devra donc s’assurer qu’il dispose de fonds suffisants sur le compte de la société pour honorer ses loyers ou négocier une rupture amiable du bail avant de déclarer le sommeil.
La limite de deux ans et les risques de radiation d’office
Le législateur a prévu que la mise en sommeil ne puisse pas durer indéfiniment. Le délai légal maximal est fixé à deux ans. C’est une période de réflexion suffisante pour décider du futur de l’entreprise. Si Marc arrive au terme de ces vingt-quatre mois sans avoir agi, le greffier peut engager une procédure de radiation d’office. La société perdrait alors sa personnalité morale sans que Marc n’ait pu organiser la fin de ses contrats ou la répartition de ses actifs restants. Il est donc impératif de mettre une alerte dans son calendrier. Avant l’expiration du délai, Marc devra choisir entre trois options : reprendre l’activité en déposant une nouvelle déclaration, vendre ses actions ou les parts de l’entreprise, ou enfin procéder à la dissolution volontaire si le projet initial n’a plus lieu d’exister.
La mise en sommeil est un outil de gestion patrimoniale et professionnelle extrêmement puissant pour le président d’une SASU. Elle transforme une structure juridique parfois rigide en un réceptacle adaptable aux aléas de la vie. Pour Marc, c’est l’opportunité de s’absenter sans détruire l’outil de travail qu’il a mis des années à bâtir. En respectant scrupuleusement les étapes du guichet unique et en restant vigilant sur les obligations fiscales minimales, il s’assure une transition sereine. Cette stratégie permet de préserver le capital, l’image de marque et l’historique de la société, tout en s’offrant la liberté nécessaire à de nouveaux horizons. La SASU prouve ici sa supériorité en termes de modularité pour les entrepreneurs solitaires qui souhaitent rester maîtres de leur temps et de leur destin économique.





